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vendredi 21 avril 2017

Débuts officiels du groupement inter-armes franco-britannique en Estonie

Prise d'armes à Tapa (Estonie)
Le groupement inter-armes franco-britannique de l'OTAN, stationné en Estonie a marqué le début de ses activités officielles par une cérémonie et un défilé militaire sur la base de Tapa, hier jeudi 20 avril après-midi.

Près de 1 500 soldats de Grande-Bretagne., de France et d'Estonie ont participé au défilé militaire, dont la cérémonie d'ouverture comprenait des discours du secrétaire d'État britannique à la Défense Sir Michael Fallon, du ministre danois de la Défense Claus Hjort Frederiksen et du ministre estonien de la Défense Margus Tsahkna. Des soldats britanniques, français et danois ont également procédé au lever de leurs drapeaux nationaux respectifs lors de la cérémonie.

Au sein du détachement français

En plus des trois ministres de la Défense, on notait la présence de la Présidente estonienne Kersti Kaljulaid, du Premier ministre Jüri Ratas, du président du Riigikogu (Parlement) Eiki Nestor et du commandant des forces de défense estonienne, le général Riho Terras. Le Général d'Armée Didier Castres, Inspecteur des Armées, représentait la France.

La Présidente estonienne face au détachement français

Dans son discours, M, Margus Tsahkna a déclaré que l'arrivée du groupe de combat allié marquait clairement que l'Estonie n'était désormais plus seule et qu'elle ne serait plus jamais seule pour se défendre contre les menaces,

Il y a environ 1 200 soldats alliés dans le groupement de combat stationné à Tapa. La Grande-Bretagne contribue avec plus de 800 soldats et des chars Challenger 2, des véhicules de combat d'infanterie Warrior (IFV), de l'artillerie automotrice AS90 ainsi que d'autres véhicules blindés. La France contribue avec 300 personnels et chars Leclerc, des VBCI et des VAB.



Les détachement français de Tapa sera remplacé au bout de quatre mois par d'autres français, après quoi ils passeront la main à un contingent danois de taille similaire.







dimanche 16 avril 2017

Les traditions de Pâques en Lituanie



La majorité des Lituaniens (80%) étant des catholiques romains pratiquants, ce n'est pas une surprise que Pâques, fête la plus importante du christianisme car commémorant la résurrection de Jésus, prenne en Lituanie un relief particulier. Avec quelques traditions spécifiques.

Le rituel de Pâques commence 40 jours avant avec le Carême, appelé Gavėnia en Lituanien. Mais c'est avec le dimanche des Rameaux (Verbų Sekmadienis), le dimanche avant Pâques, que commence la Semaine Sainte. Ce dimanche commémore l'entrée de Jésus-Christ à Jérusalem. Les gens venus l'accueillir déposaient devant Lui leurs manteaux et des branches de palmiers. Comme, compte tenu du climat, il n'y a pas de palmiers en Lituanie, on a fait il y a bien longtemps des « Palmes de Pâques » spécifiques ou Verbos. Ces Verbos sont constituées de différentes fleurs colorées séchées, de tiges et d'épis de céréales, de branches de saules.

Le jeudi saint (Didysis ketvirtadienis) est, selon la coutume, le jour du grand nettoyage. Non seulement il est impératif de nettoyer sa propre personne, mais aussi la maison en entier et tout ce qui s'y trouve : fenêtres, poêles, murs, vêtements, etc …...

Le vendredi saint (Didysis Penktadienis), les gens essaient de se taire et on interdit aux enfants de faire du bruit, par respect pour Jésus qui a été crucifié ce jour-là. Lke nettoyage de la maison, entrepris le jeudi saint, doit être terminé car la poussière pourrait entrer dans les yeux de Jésus qui a déjà suffisamment souffert comme ça.

Le samedi saint (Didysis Šeštadienis) on décore les œufs, les célèbres Margučiai (singulier : Margutis), soit en les teignant naturellement avec des peaux d'oignons, des pétales de fleurs, du foin, de l'écorce d'arbre, etc.….., soit par par gravure avec un outil pointu. En outre, un panier d'aliments de Pâques (œufs, sel, pain, gâteaux, jambon, saucisse, beurre, fromage, etc.…..) est apporté à l'église pour être béni. Enfin, le soir et la nuit de Pâques, les jeunes gens célibataires déambulent à travers les villages en jouant de la musique. Ils s’arrêtent dans chaque famille pour lui souhaiter une bonne année, une bonne récolte et une bonne santé. Là où il y a une jeune fille à marier, ils entonnent un chant spécial et ils sont le plus souvent remerciés avec des Margučiai.


Le matin de Pâques (Velykos), le gens vont à la messe puis font ensuite un repas somptueux car tous les interdits alimentaires du Carême sont levés. Une des plus anciennes traditions païenne consiste en quelque sorte à trinquer avec des œufs peints. On tape les pointes des œufs les unes contre les autres et forcément l’une des deux casse Si votre coquille d’œuf reste intacte, vous êtes destiné à avoir une longue vie. 

Linksmų Šventų Velykų visiems


vendredi 14 avril 2017

Telšiai et le Musée Samogitien « Alka »



Telšiai ne fait pas partie des étapes traditionnelle des touristes en Lituanie et c'est dommage. Car, outre que c'est une ville agréable, au bord d'un lac, capitale historique de la Samogitie, elle abrite un musée très intéressant.

Telšiai est une ville de 30 000 habitants, capitale de l'apskritis ( = canton, arrondissement) éponyme, mais surtout capitale historique de la Samogitie, province aux particularismes très marqués, notamment un dialecte (ou langue ?) original, le Samogitien. Installée sur les rives du lac Mastis, Telšiai ( en Samogitien : Telšē ) a , comme Rome, sept collines dont la formation est due au géant légendaire Džiugas ! La première mention écrite de la ville remonte aux années 1450, mais les fouilles archéologiques ont montré que la région était habitée dès l'âge de pierre.

Le Musée "Alka" au bord du lac Mastis

La première église catholique date de 1536 et, aujourd'hui, Telšiai est le siège d'un évêché, avec la cathédrale saint-Antoine de Padoue, et elle possède un séminaire. Mais, en 1897, les Juifs représentaient 51 % de la population. Ce sont les soviétiques qui, d'abord, fermèrent la Yeshiva (école talmudique) en 1940, puis la population juive fut massacrée par les nazis. Miraculeusement, une rre synagogue en bois survécut jusqu'à nos jours.

Pranas Genys, premier directeur du Musée "Alka"

Tout ça, et bien d'autres choses, on le retouve au Musée Samogitien « Alka ». C'est le 24 janvier 1931 que se tint la première réunion de la Société d'Ethnographie Régionale dont le poète Pranas Genys fut élu président. Genys imaginait qu' « Alka » deviendrait un centre culturel non seulement pour Telšiai mais pour toute la Samogitie. Le Musée fut inauguré le 16 février 1932 dans trois pièces louées dans une maison en bois. Ce n'est que le 6 octobre 1938 qu'il ouvrit dans son bâtiment actuel, sur la Colline Verte.

Devant la photo  de Sophie de Choiseul-Gouffier, avec Regina Bartkienė du Département Histoire  (à droite)

Aujourd'hui, le Musée « Alka » est célèbre dans toute la Lituanie pour ses 62 000 objets présentés, ses 70 000 documents d'archives et sa bibliothèque riche de 12 000 livres, Certainns des objets et documents proviennent du manoir de Plateliai, aujourd'hui détruit, qui a appartenu de 1800 à 1945 à la famille noble d'origine française de Choiseul-Gouffier. C'est ce dernier point qui a fait que je me suis rapproché depuis plusieurs mois du Musée « Alka » et que je lui ai rendu visite le 24 mars dernier.

Au pied du Musée « Alka », au bord du lac Mastis, il y a également une Musée en plein-air regroupant 16 maisons authentiques, typiques de la Samogitie du XIXe siècle, Il n'était malheureusement pas encore ouvert lors de mon passage.

Il y a donc de quoi largement s'occuper intelligemment à Telšiai , et nul doute que j'y retournerai !

Armoiries de la Samogitie








mercredi 12 avril 2017

Pažaislis, « Monte Pacis » et Claire-Isabelle de Mailly-Lascaris


Lors de mon récent périple en Lettonie – Lituanie, après la conférence que j'ai donnée à Kaunas, j'ai été hébergé à l'hôtel-restaurant « Monte Pacis », installé dans une aile du monastère de Pažaislis. (http://montepacis.lt/?lang=en_us)

Bien que ma nuit ait été courte, je tiens à souligner le caractère hautement recommandable de cet hôtel, compte tenu de son environnement, du décor intérieur et de la serviabilité du personnel. A titre d'exemple, comme je partais avant l'heure normale du petit déjeuner, un petit-déjeuner m'a été apporté en chambre à l'heure pile souhaitée et le taxi (offert) pour m'emmener à la gare routière était largement en avance.



En plus, j'ai eu droit à un clin d'oeil personnalisé car j'ai été hébergé dans la chambre « Claire-Isabelle de Mailly-Lascaris » (Klara Izabelė de Maijly), la manager ayant été manifestement mise au courant que j'avais écrit sur les Français en Lituanie

Claire-Isabelle de Mailly-Lascaris (ci-dessous) était dame d'honneur de Louise-Marie de Gonzague-Nevers, laquelle avait été couronnée Reine de Pologne et Grande-duchesse de Lituanie le 10 mars 1646 à Cracovie. Claire-Isabelle épouse le 28 juin 1654 le comte Kristupas Zigmantas Pacas (1621 – 1684) qui sera Chancelier du Grand-duché de Lituanie de 1658 jusqu'à sa mort en 1684.



Kristupas Zigmantas Pacas était un homme instruit, ayant étudié à Cracovie, Liège et surtout 8 ans à Florence. C'est suite à ce séjour en Italie qu'il obtient la permission du Pape de construire un monastère pour l'ordre des Camaldules près de Kaunas. Ce sera Pažaislis. La construction débute le 20 octobre 1667 (pose de la première pierre), l'église est sanctifiée en 1674 et consacrée en 1712.

Pacas, qui admirait beaucoup le baroque italien, a fait appel pour la construction du monastère à des architectes italiens, et à des artistes également italiens pour sa décoration. Parmi les fresques, on peut remarquer près de la sacristie celle concernant Saint Brunon de Querfurt venu évangéliser les païens baltes. C'est dans le texte relatant sa décapitation, le 14 février 1009, qu'apparaîtra pour la première fois le nom de « Lituanie ».

On notera que le nom officiel du monastère, Eremus Montis Pacis (l'hermitage de la colline de la paix) est un jeu mots entre le nom latin de paix (pacis) et le nom de la famille Pacas ; jeu de mots que l'on retrouve au fronton de l'église Saint-Pierre-et-Paul de Vilnius, construite par son frère, Mykolas Kazimieras Pacas : « Regina Pacis, funda nos in pace ».



Le monastère sera pillé par l'armée napoléonienne en 1812. Occupé par des moines orthodoxes après l'insurrection de 1831, ceux-ci emporteront œuvre d'art et archives quand ils fuiront devant l'armée allemande en 1915. A partir de 1920, les sœurs de Saint-Casimir le remontèrent avant d'en être chassées par le pouvoir soviétique. Les sœurs revinrent en 1992 et sont aujourd'hui une cinquantaine.

Le comte Pacas, son épouse Isabelle et leur face décédé en très bas âge avaient été enterrés dans le cimetière de Pažaislis. Leurs tombent ayant été plusieurs fois profanées lors des tourments de l'histoire, ils ont été solennellement ré-enterrés en 2003.



L'Hôtel « Monte Pacis », installé dans une (confortable) dépendance où il ne dépare nullement le site, vaut bien la peine qu'on s'y arrête pour se pencher sur cette page d'histoire lituano-française.




Merci à la très francophile manager de l'hôtel « Monte Pacis », Madame Indra Ramanauskienė, de m'avoir permis de connaître ce lieu remarquable où je me promets de revenir pour apprécier ses talents de sommelière …….