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vendredi 3 avril 2015

3 avril 1940 : début des massacres de Katyń


Le 1er septembre 1939, l’Allemagne attaque la Pologne par l’ouest, le 17 septembre 1939, l’URSS, alliée des nazis depuis le pacte Molotov – Ribbentrop (23 août 1939), l’attaque par l’est. (Pour légitimer leur attaque, les soviétiques prétextent le besoin de protection des populations biélorusses et ukrainiennes : ça ne vous rappelle rien de plus récent ?). Environ 250 000 soldats polonais, dont 10 000 officiers sont faits prisonniers par les soviétiques. 

Fin février 1940, 6 192 policiers et assimilés (gendarmes, gardiens de prisons, gardes frontières, responsables scouts) et 8 376 officiers, ainsi que des membres de l’élite de la société civile polonaise (médecins, avocats professeurs) sont encore internés dans trois camps de concentrations : Kozielsk, Ostachkov et Starobielsk.

Lavrenti Beria

Le 5 mars 1940 : les membres du Politburo (Staline, Vorochilov, Mikoyan, Molotov, Kaganovitvh et Kalinine) donnet leur accord à la demande de Lavrenti Beria, chef du NKVD (Commissariat du peuple aux Affaires Intérieures = police politique), d’appliquer la peine de mort par fusillade à 25 700 « prisonniers polonais, anciens officiers, fonctionnaires, agents de police,a gents de renseignement, gendarmes, {…}, membres de diverses organisations contre-révolutionnaires d’espions et de saboteurs », sans comparution devant des tribunaux, ni acte d’accusation !  (Cf. document ci-dessous)



Entre le 3 avril et le 13 mai 1940, 4 404 prisonniers de Kozielsk sont abattus d’une balle dans la nuque dans la forêt de Katyń et ensevelis dans des fosses communes. Les 3 896 prisonniers de Starobielsk sont assassinés dans les locaux du NKVD à Kharkov (aujourd’hui Kharkiv en Ukraine) et les 6 287 prisonniers d’Ostachkov sont assassinés à Kalinine (aujourd’hui Tver). En trois mois, les massacres ont donc concerné plus de 14 400 Polonais, auxquels il faut ajouter 7 800 membres de réseaux de résistance et fonctionnaires divers.   


On soulignera que les exécutions se sont généralement faites au moyen de pistolets Walther de fabrication allemande, provenant d’arsenaux militaires estoniens saisis par les soviétiques. Il semble donc bien que, dès l’origine, Staline voulait rendre son allié allemand responsable des massacres.

Le 22 juin 1941, l’Allemagne nazie se retourne contre son allié soviétique et envahit la Russie, cœur névralgique de l’URSS : c’est l’opération Barbarossa.

Au printemps 1943, des militaires allemands mettent à jour les corps de plus de 4 500 officiers polonais, empilés dans plusieurs fosses. Le 13 avril 1943, la presse allemande révèle la découverte et attribue le massacre au NKVD. Deux jours plus tard, les dirigeants nient leur responsabilité et en rendent responsables les Allemands leur de leur avance de 1941. Une commission internationale, composée essentiellement de représentants de pays alliés de l’Allemagne et de Suisses, conclut que les assassinats ont eu lieu au printemps 1940, ce qui en fait porter la responsabilité aux soviétiques. Une commission d’enquête de la Croix-Rouge polonaise arrive aux mêmes conclusions, mais son rapport n’est pas rendu public, afin de ne pas alimenter la propagande allemande. Le rapport est transmis au gouvernement britannique qui ne le publiera qu’en …… 1989.

Ce n’est que le 13 octobre 1990 que Mikhaïl Gorbatchev reconnaîtra la responsabilité irréfutable de l’Union soviétique dans le massacre de Katyń, présentera ses excuses officielles au peuple polonais et ne transmettra aux autorités polonaises des documents d’importance secondaire.

En 2005, après une dizaine d’années d’instruction, le procureur général militaire russe Alexandre Savenkov clôturera le dossier par un non-lieu, qualifiant le massacre de « crime militaire » de droit commun (donc ni génocide, ni crime contre l’humanité), donc bénéficiant de la prescription (50 ans). Vladimir Poutine explique que le massacre de Katyń est une vengeance de Staline, battu devant Varsovie en 1920 ! Et, dans le même temps, porte Staline au pinacle des vainqueurs de la « Garnde guerre patriotique ».  

Le 10 avril 2010, alors qu’il se rendait aux commémorations, le président polonais Lech Kaczyński périt, ainsi que toute la délégation polonaise à bord, dans la catastrophe aérienne de son Tupolev Tu-154, à l’approche de Smolensk. Certains y voient encore aujourd'hui plus qu’une coïncidence.








1 commentaire:

  1. On peut ajouter en 2011 et 2012, les missions archéologiques polono-ukrainiennes près de la ville de Volodymyr-Volynsky.

    De nouvelles découvertes vont à l'encontre de la « version officielle » du « TOUT soviétique » de Goebbels répétée depuis la guerre froide à aujourd'hui.

    Les douilles allemandes retrouvées dans la fosse prouvent que ces exécutions n'ont pas eu lieu avant 1941.

    Par ailleurs deux insignes de policiers ont été découvert. Or, ils sont sur la liste des victimes du dit « massacre de Katyn » datant de 1940. Ils ont même des plaquettes mémorielles au cimetière de Mednoe soit à 1100 km de la fouille où a été retrouvé leur insigne avec probablement leur dépouille.

    De ce fait, contrairement aux analyses des documents, la synthèse historique prouve qu'ils n'ont pas été exécuté lors de leur transfert à Katyn.

    D'autre part, la disposition des corps, qui n'a rien de chaotique, est selon le système Jeckeln, de l'Obergruppen-fuhrer (général 4 étoile) Friedriech Jeckeln.

    Les professeurs Ivan Katchanovski et Volodymyr Musyychenko montrent que les victimes enterrés à cet endroit sont principalement juif, Polonais et militants soviétique. Il y a également des enfants. Or, les soviétiques n'ont jamais exécuté d'enfant.

    Selon les professeurs, les victimes de la fouille de Volodymyr-Volynsky que l'on croyait jusque là une exécution effectuée par la NVKD, est le fait des nationalistes Ukrainiens avec la complicité allemande.

    Ces découvertes ont été rapporté par les médias polonais en 2011 notamment sur ITVL, le 25 mars 2011 et ont ainsi ouvert à débat. Mais de part chez nous, l'Histoire s'est arrêté aux commémorations de 2010 soit à la Mémoire avec ses Oublis et ses Trous.

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